
Ganafoul, le mythique groupe de « sider rock » – référence au passé industriel de Givors – fait un grand retour avec Dangerous Times, leur premier album de compositions depuis 1981. Emmené par Jack Bon, figure emblématique du rock français, le groupe renoue avec l’énergie brute et le groove qui ont fait leur réputation. Entre nouvelles compositions et une formation renouvelée, le groupe se réinvente tout en restant fidèle à son ADN, le rock’n’roll !
Blues Actu a rencontré Jack Bon et il revient sur les coulisses de cet album, l’évolution du groupe, et leurs projets à venir.
Bonjour Jack ! Il y a eu des concerts, puis un album retrouvé, et maintenant un nouveau disque ! Qu’est-ce qui vous a motivés à revenir sur le devant de la scène après toutes ces années ?
Salut Cédric. Gilles Desportes, notre premier ingénieur du son, avait miraculeusement conservé intactes des bandes studio de 1975, les débuts du groupe. Christophe Simplex en a fait un vinyle collector sur son label. On s’est aperçu, contrairement à ce qu’on pensait, que le groupe n’était pas complètement oublié. On nous a proposé des concerts, on recevait des encouragements de fans… Le plaisir de rejouer ensemble nous a donné envie de continuer. On travaille maintenant avec Bad Reputation Records. Le label a réédité Saturday Night, Full Speed Ahead et Route 77, remasterisés avec des bonus et des livrets. On a ensuite enregistré l’album Roll On, une réinterprétation de quelques anciens titres. On vient de finir Dangerous Times, un album qui doit sortir début 2025.
Avec ce retour, le line-up du groupe a évolué. Comment s’est formé le nouveau band ?
Bernard Antoine, mon frère des bons et des mauvais jours, n’était plus là. Jean-Yves Astier habite à Marie-Galante, ce qui complique les choses. Yves Rothacher, le batteur fondateur de Ganafoul, jouait avec moi dans les Buzzmen, et Luc Blackstone était à la basse. On avait la section rythmique. Avant d’être un trio, Ganafoul était un groupe avec deux guitares. Édouard Gonzalez, lui aussi à l’origine du groupe, était partant pour reprendre l’aventure.

Le processus d’écriture et d’enregistrement de cet album a-t-il été différent de vos précédents projets ?
Non. Il y a toujours eu beaucoup d’échanges entre nous. Je travaille sur les chansons, je les propose aux autres, et on les arrange ensemble. Édouard et Yves ont de très bonnes idées, et on a cosigné plusieurs titres. Le groove de Luc est une autre source de richesse pour notre musique. Ganafoul a toujours enregistré live, et on n’a pas changé de méthode.

Nous avons tendu le micro à Luc Blackstone : « C’est un privilège de jouer avec Ganafoul, même si je me suis senti illégitime pendant un moment… Rends-toi compte, Ganafoul est le groupe que j’allais voir en concert quand j’étais jeune. Si on m’avait dit qu’un jour je jouerais avec eux, que je composerais de nouveaux morceaux et que je participerais à un nouvel album, j’aurais bien ri ! J’ai écouté, observé, et j’ai participé à la construction de quelque chose qui, quoi qu’il arrive, entrera dans la légende ! Je trouve que cette nouvelle cuvée est excellente : c’est du Ganafoul pur jus, mais avec un son plus moderne. »
Cet album a été enregistré au studio Magnéto de They Call Me Rico. Comment ça s’est passé ? Qu’est-ce que ça vous a apporté ?
Je connais Rico depuis quelques années. On a joué ensemble, et j’aime beaucoup l’artiste et le bonhomme. Gégé Millet, avec qui j’ai fait pas mal d’albums, venait de fermer définitivement son studio croix-roussien, le 8PM. C’était le moment de travailler avec Rico, qui a apporté son expérience de producteur et son feeling de musicien.
Je crois d’ailleurs que Blues Actu Radio n’y est pas complètement pour rien, c’est exact ?
C’est vrai, Cédric, tu m’avais fortement conseillé le studio Magnéto. Merci pour le tuyau !
Quels thèmes explorez-vous dans ce nouvel opus ?
Les chansons parlent de la difficulté de vivre dans ce monde, la musique étant un moyen de se sentir mieux.

Avez-vous ressenti une pression particulière à l’idée de produire un album après tant de temps ?
Pour les autres, je ne sais pas, mais pour moi oui, beaucoup de pression. Enregistrer un album est une étape très importante pour un groupe, un rendez-vous avec le public qu’il vaut mieux ne pas rater. Écrire 11 chansons originales, c’est beaucoup de travail.

Nous avons tendu le micro à Yves Rothacher « C’est un vrai bonheur de jouer avec Jack, Doudou et Luc. Maintenant, on se connaît depuis le début de Ganafoul (1973-74), alors les nouvelles compos se sont faites rapidement, et au studio, tout s’est déroulé nickel, avec de l’énergie à revendre. Ça va être super bien ! »
Quels sont vos projets au-delà de cet album ? Envisagez-vous une tournée ?
Bien sûr, il nous faut des concerts ! On aime jouer et faire passer un bon moment au public. Le 5 avril 2025, on fera le lancement de l’album au Jack Jack à Bron, à l’occasion du Nasty Fest.
Comment décrirais-tu la nouvelle identité musicale de Ganafoul ?
Le rock urbain de Ganafoul est toujours là. Nos goûts et nos influences aussi. On reste fidèles à un hard rock’n’roll imprégné de blues. Maintenant, on cherche la simplicité pour mieux servir le groove et la mélodie. Le jeu à deux guitares a apporté d’autres perspectives, et la rythmique basse-batterie va à l’essentiel. C’est le retour du sider rock en 2025 !
Pour finir, une anecdote ou un moment marquant lié à la création de cet album que tu aimerais partager ?
Les amendes de stationnement à Lyon sont chères. Ça nous a bien énervés, et vous le sentirez dans l’album !
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bon interview ..merci hâte de les recevoir au Nasty Fest à Bron le Saturday night 05 Avril